matoub lounes

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# Posté le vendredi 09 mars 2007 15:32

matoub lounes(l'engagement)

On s'est tant servi du mot « engagé » que j'éprouve aujourd'hui encore quelque réticence à l'employer. Je ne peux pas m'adapter à la façon dont se réalisent les idéaux des martyrs, ni accepter cette photocopie illisible de révolution islamo-baâthiste qui n'a d'islamo-baâthiste que le nom.

Je ne sais pas me mettre en rang, n'accepte pas de me plier aux compromis, aux bonnes manières de la « noblesse » de l'après-indépendance, aux tactiques avilissantes. Je suis plus enragé qu'engagé (rires). Le fait d'être anti-conformiste devait m'apporter d'innombrables inconditionnels et pas mal d'ennemis plus ou moins déclarés. Je n'ai jamais fui la réalité et le danger ni refusé de prendre position quand il le fallait.

Je me suis souvent cassé les reins pour défendre mon opinion et ma position d'homme libre, faisant fi de toute hypocrisie. Ce n'est pas une bonne politique pour réussir. La réussite sociale n'a pas été mon grand souci. Je n'ai jamais voulu faire « carrière » dans la chanson.

Chanter pour moi, c'est seulement une façon parmi tant d'autres de m'affirmer en face de l'existence et en face d'autrui. Toute ma vie, je n'ai eu qu'un seul souci : être libre ! Cela aussi se paie...

Il va sans dire mais cela ira mieux en le disant et même en le répétant, que je ne me suis pas écarté d'un pouce dans la direction dans laquelle je m'étais, dès ma jeunesse, engagé.

Je n'ai jamais donné dans la poésie de circonstance, ni ne me suis incliné devant le conformisme pseudo patriotique. Je n'ai jamais voulu faire de mes chansons un instrument de propagande au service d'un régime ou d'un parti.

Je sais que si je devenais un chanteur officiel, je perdrais ma sincérité poétique et ma propre estime.

Tout art est une dénonciation, pressentiment de la vérité. Tout poète véritable est une menace réelle pour tout ordre répressif.

Si rude soit le chemin, il faut aller jusqu'au bout. Je ne dévierai jamais de la voie que je me suis tracée, de ma route. Je continuerai à suivre mon chemin, qu'il soit bordé de fleurs ou sillonné de ronces. Ainsi va la vie (d'artiste) , ainsi vont les choses.(...)

Il y a à mon engagement une raison bien simple : enfant du peuple j'étais, enfant du peuple je suis resté.

T'intéresses-tu à la politique et appartiens-tu à un parti ?
Que ce soit en politique ou en religion, en science ou en technique, en art ou en morale, il faut se ranger à un parti ou à un clan : depuis la nuit des temps, la vie va ainsi. Tout est politique.

Et pourtant, militer dans un parti, très peu pour moi ! Tout parti est une escroquerie. La politique corrompt toutes choses ; il convient de la stigmatiser. Je ne suis pas l'homme d'un parti, ni l'homme d'une opinion. Si j'adhérais à un parti, on me classerait automatiquement parmi les adeptes de telle tendance ou de telle doctrine. Dès lors, plus moyen d'éviter l'alignement systématique, sous peine de se voir rejeté comme transfuge par les gens du métier et par le public.

Je ne suis pas militant de parti, mais militant de la vie et de l'amour. Je crois à l'amour, à l'amitié, à la tendresse, à la solidarité (...). Je connais mes limites autant que l'étendue de mes pouvoirs. C'est pourquoi je veux faire avancer l'humanité avec les moyens dont je dispose et en commençant par les gens qui m'entourent.

Jouer le jeu d'un parti quelconque, c'est ouvrir la porte à toutes les récupérations, et à tous les dévoiements. Les idéologies figées dont le dogme est gardé par un parti m'inspirent une vive aversion. Je ne me laisserai pas engluer par cette engeance.

Je ne tolère pas que l'on travestisse la vérité : de là que je ne suis d'aucun parti (...). Seul j'ai été, et seul je demeure, sans liens avec qui que ce soit (excepté mon public qui m'adore), sans parti, sans clan, sans journal, et sans calculs.

C'est pourquoi je me méfie de toute forme de pouvoir et d'autorité. Je n'accorde rien à aucune forme de pouvoir.

Je ne demande pas mieux que de chanter pour des causes généreuses car j'ai une conscience (à partager) du monde et des choses. C'est aussi pourquoi j'ai plus de tendresse pour les hommes de gauche : j'ai la certitude qu'eux ils ressentent ce qu'il font et partagent sincèrement la détresse des autres.

Les motivations des leaders politiques, de quelque bord qu'ils se prétendent, me semblent suspectes. Dans le parti qu'ils servent, il faut être vraiment un grand naïf pour ne pas voir qu'ils ne tendent jamais qu'à se servir. Dans un pays tel que le nôtre, déchiré par les conflits internes et lassé de fréquenter les urnes, saturé de politique démagogique et de partis d'opérette, la politique des appareils m'ennuie. D'où mon refus de m'engager dans une quelconque organisation. Je préfère laisser la politique à ceux qui en vivent, ou à ceux qui ont les connaissances nécessaires pour en parler.
matoub lounes(l'engagement)
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# Posté le vendredi 09 mars 2007 15:27

matoub lounes(takfarinas)

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# Posté le vendredi 09 mars 2007 15:24

hommage a matoub lounes(10 juine 1998)

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# Posté le vendredi 09 mars 2007 15:17

matoub (moi raciste)

matoub (moi raciste)
Fais-moi pas rire. C'est un jugement volontairement faux et un brin... raciste, mais qui trahit bien le malentendu qui a toujours existé entre mes détracteurs et moi.

Il y a une incompréhension totale qui me gêne car le public a rarement les données globales et objectives en main (...). Tout est politique et nous sommes bien ici en pleine politique.

Je suis responsable de mes actes et la vérité se fait sur ce que je chante. Comment peut-on être raciste quand on a toute sa vie souffert du racisme ! J'ai trop souffert du racisme, de « leur » racisme, pour accepter à mon tour d'être raciste.
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# Posté le vendredi 09 mars 2007 15:14