rebelle(la cause amazigh)

Revendiquer ma langue face à l'arabe sacralisé, cela pouvait signifier refuser l'arabe. Or, il n'y a rien de plus faux. Lorsque je défends la langue amazighe, ce n'est pas contre l'arabe classique, mais contre les multiples courants hostiles au berbère. La chose paraît évidente ; elle n'est pas, pourtant, toujours comprise (...).
La libération des miens passe par la reconnaissance de leur dignité linguistique et culturelle qui est un préalable à toute action d'envergure. Le reste suivra tout seul. D'ailleurs, ce n'est pas seulement la langue amazighe de l'Algérie qui est en péril, mais aussi celle du Maroc, de la Libye, des îles Canaries, etc. C'est pourquoi j'essaie de sauvegarder et de partager ce qui est mien et nôtre, et qui est unique : « les mots purs de la tribu ». Avec la culture unificatrice, il nous faut bâtir une nation moderne ouverte aux langues du monde entier dont nous puissions tous être fiers.
Mon problème est que depuis l'indépendance, nous avons été honnis, bannis, écrasés, spoliés, chassés, traqués, arabisés de force au nom d'une idéologie arabo-islamique qui est devenue officielle au lendemain de l'indépendance. L'une des stratégies primordiales était : « Comment barrer la route aux Kabyles ? » Pourquoi ? Parce que notre élite, notre culture étaient et demeurent dangereuses aux yeux des islamo-baâthistes qui ne supportent pas qu'on puisse penser et vivre différemment d'eux.
Cela dit, pour moi le public auquel je m'adresse possède un inconscient collectif qu'il s'agit de réveiller. Je veux lui faire retrouver une identité qu'il pensait avoir perdue.
La langue que parle mon peuple, perfectionnée et enrichie par des siècles d'oppression coloniale et raciste, offre sur l'Algérie un angle de vision unique.
Que représente pour toi la culture amazighe ?
Qui ne sait rien de son passé ne sait rien de son avenir. Le but n'est pas, ne peut être, de revenir à un mythique âge d'or du passé. La culture amazighe, c'est une question de civilisation et l'avenir de notre pays se jouera peut-être dessus.
A travers la prise de conscience de mon identité, j'ai découvert le génocide culturel et le viol linguistique subis par les miens. J'ai, aussi, découvert toute une culture méprisée, humiliée, déclassée, exclue des deux écrans (le grand et le petit), interdite de colonne et de séjour. Un sujet dont on parlait qu'à mi-voix.
Avant Octobre 88, le seul fait de parler en tamazight apparaissait déjà comme une forme de subversion. Et pourtant chaque village berbère a entretenu sa langue, ses coutumes à l'insu du pouvoir.
Le constat est dur, mais c'est le constat. Personne ne me démentira : depuis l'indépendance, qui fit de ce pays l'un des phares de la créativité artistique, je ne peux m'empêcher de constater un effondrement affligeant de la création.
Depuis le coup d'Etat du 19 juin 1965, nous vivons une époque sombre où tout est fait pour anesthésier les consciences et le jugement critique, ou l'on transforme en terre brûlée non seulement les forêts, les montagnes, les villes, l'économie et l'éducation nationale, mais aussi les esprits, les mentalités, les c½urs, les destinées humaines et les cultures (...).
On n'a plus que les films de la série B et les feuilletonesques bêtises égypto libanaises et assimilées à notre disposition pour nous revivifier les neurones.
Le seul événement politique d'importance qui ait apporté un sang neuf à la créativité reste la soupape d'Octobre 88, bien que le résultat escompté soit encore infiniment trop maigre par rapport aux potentialités créatrices existantes.
Il faut dire les choses comme elles sont : dans ce pays, les créateurs ne sont pas reconnus. La classe politique se fout entièrement de la culture. Avec un budget et des subventions ne représentant que des clopinettes du budget national, les affaires des cultures et de l'art sont considérées avec autant d'intérêt que les connaissances des ministres qui ont pour charge de s'en occuper.
On est dans une situation pire que celle des Bretons, des Occitans, des Corses, des Kurdes, des Arméniens et des Indiens (...). Impossible que soient toujours vainqueurs les plus corrompus et les plus honnis par l'Histoire ! Et c'est pourquoi nous refusons d'être les « nègres blancs », les « Indiens », « le tiers-monde » du pouvoir. Nous refusons d'être bougnoulisés, quoi !
Il reste fort à faire pour préserver ce pays paisible et lui épargner les fléaux de la violence et de l'intolérance. Tout est encore possible, il faut seulement prendre des risques avec sa vie pour préparer des lendemains meilleurs. Je me défends, donc je suis.
On veut tout leur faire oublier, aux Imazighen : leur identité, leur langue, leur culture. Ils se trouvent rangés dans une catégorie mineure de citoyens ; pire, ils n'existent pas en tant que tels, hormis pour le service national et comme force de travail. Et quand ce n'est pas un gros bonnet de la Nomenklatura locale ou un officier supérieur de l'ex Sécurité militaire qui leur cherche midi à quatorze heures alors qu'il est dix heures, c'est un wali ( waloup ou wallou pour reprendre une de tes expressions) qui grignote leurs terres ancestrales à coups d'édits et de décrets d'utilité publique et sans indemnisation ou si peu, tellement peu les indemnisés n'en veulent pas. A ces représentants du pouvoir, je dénie le droit de débarquer en Kabylie en conquérants. Je rejette leur tutelle.
Ce peuple à qui l'on a volé l'âme refuse d'être un peuple rampant. Il refuse aussi de perpétuer l'état colonial dans lequel les pouvoirs en place ont voulu tenir les deux Kabylie qui n'ont d'intérêt pour eux que lorsque nos frontières sont menacées. Ils ne nous auront pas. Tu peux leur dire qu'il ne faudra plus compter sur la jeunesse amazighe pour aller au casse-pipe.
En bref, tout a été mis en ½uvre, avec l'appui du pouvoir en place, pour l'oppression culturelle, économique, politique et l'effacement social d'un peuple fier et indomptable.
Les « tenants du pouvoir », par opportunisme politique, imposent la langue arabe classique comme supérieure à toute autre. Alors qu'ils inscrivent leur progéniture dans des écoles françaises, anglaises ou américaines. Et pourtant, notre « culture » n'a rien à envier à celle des autres. Ceci dit, je ne suis pas atteint d'ara phobie aiguë. Je n'ai aucun désir d'en découdre avec les Arabes, mais si quelqu'un me cherche, il me trouve.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 17 novembre 2006 18:46

hommage de jaques chirac a matoub lounes

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 14 novembre 2006 19:08

matoub lounes

matoub lounes
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 04 novembre 2006 18:49

vedeo(rebelle)

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 03 novembre 2006 19:09

vedeo( matoub lounes)

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 03 novembre 2006 19:07

Modifié le samedi 04 novembre 2006 08:02