MATOUB (LA POSTERITE ??)

La postérité ? Je n'y crois pas. Un auteur compositeur écrit pour lui-même. Je crois beaucoup plus à la pérennité plutôt qu'aux succès foudroyants et éphémères. Une bonne œuvre : sa longévité en témoigne. Je crois aux œuvres qui durent et qui sont en dehors de la mode. Les bons textes sont comme le vin : ils se bonifient en vieillissant.

Beaucoup de mes chansons poèmes n'ont pas bougé, pas vieilli. On dirait que je les ai écrit hier. Ils sont faits - du moins je le souhaite - pour durer. Quand on parle de mémoire, de l'amour et du temps qui passe, on échappe aux modes, et on a une chance, par rapport aux autres de durer.

Une fois une chanson terminée, enregistrée, je l'oublie complètement. Elle ne m'intéresse plus. Ce qui compte, c'est ce que je suis en train de faire, ce que je vais faire.

Je travaille sans cesse et je ne pense pas être au bout de mes possibilités. Je ne suis jamais complètement satisfait de mes œuvres. Je découvre toujours, après, qu'il y a quelque chose que j'aurais pu améliorer. Dans une décennie, peut-être ferai-je mieux. Je suis plus sensible au fond qu'à la forme, à l'intelligence réelle qu'au faste et au clinquant.

Il y a certains créateurs qui, pour plaire, sont prêts à tout. Pour ma part, je n'aspire nullement à faire des chansons poèmes kleenex destinés à être jetés après usage. Je ne veux pas non plus devenir un chanteur à succès totalement conforme aux goûts du public. Flatter le public ? Ce serait en quelque sorte le mésestimer. Ceci dit, mon œuvre, si œuvre il y a, quelque bonne ou mauvaise qu'elle soit, où puisse être, reste toujours mon œuvre.

Je suis mieux placé que quiconque pour connaître mes faiblesses et mes insuffisances. Mes chansons, indépendamment de leurs qualités ou défauts littéraires, restent mes chansons. Elles portent en elles la sincérité de la jeunesse mais quelque chose de viscéral dont je n'ai jamais pu me débarrasser.
MATOUB (LA POSTERITE ??)
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# Posté le samedi 08 juillet 2006 15:35

Modifié le dimanche 09 juillet 2006 08:14

MATOUBLES ( EDITEURS DE MUSIQUE)

Il n'y a chez les éditeurs ni plus ni moins de gens honnêtes et de brebis galeuses qu'ailleurs. Un monde qui, sous une couverture de politesse, en fait, livre énormément de place aux coups tordus.
Le marché de la cassette est trop juteux et le public trop friand de nouveautés pour que tout se passe dans la plus parfaite correction déontologique. Le fameux idéal artistique n'est bien souvent qu'une idéalisation platonique. Des difficultés, j'en ai vraiment connues. Et tout cela parce que je ne voulais pas avoir l'obligation de me plier à d'autres décisions que les miennes.

Avant de m'imposer, c'était la galère : j'ai été confirmé par telle maison de disques, cela va de soi, mais au prix de la vache enragée.

Le show-biz en général, barbésien en particulier, me déçoit parce qu'il est en majorité composé de pseudo éditeurs qui « font » du chiffre, dans la cassette, sur le dos d'artistes dégoûtés qui n'ont aucun moyen légal pour se défendre.

Le chanteur a, de toute manière, peu de moyens de réclamer. La syndicalisation est, pour ainsi dire, inexistante. L'office national du droit d'auteur essaie de mettre un peu d'ordre et de protéger les artistes.

Certains chanteurs se découragent et abandonnent le métier. D'autres s'accrochent comme ils peuvent pour y croire encore. Beaucoup préfèrent en fin de compte opérer un repli tactique, renoncer, la mort dans l'âme, à ce qu'ils aiment et choisissent pour plus de commodité de se mettre au goût du jour et se plier aux desiderata des marchands de cassettes.

La magouille de la chanson algérienne veut qu'une grosse partie de l'argent passe de la main à la main (1), et tant pis pour ceux qui ne sont pas célèbres. Ils sont obligés de piocher dans leurs économies pour s'offrir une cassette et se faire remarquer.

Les droits d'auteur sont maigres, parfois inexistants et, pour assurer sa pitance, le chanteur moyen n'a qu'une solution : chanter encore et encore, hiver comme été. La seule se dresse aussitôt. Il signe sa mort musicale (...). Pour la masse des chanteurs algériens, c'est la galère habituelle.

Dans cet univers impitoyable de magouille et de débrouille, tous les coups sont permis. La confraternité est un concept relatif dans la profession. La loi du chacun pour soi a creusé son ornière. Tout artiste est un ennemi, il constitue une menace directe pour l'autre. C'est que le métier, dans le show-biz algérien, n'a vraiment rien d'une partie de plaisir. C'est un métier dur, qui impose un rythme de vie irrégulier et difficile à supporter.

L'individualisme et le clanisme sont de rigueur. A l'amitié, à la camaraderie, s'oppose la concurrence acharnée. On ne peut gagner que contre l'autre. Ceci est valable pour les milieux de l'édition, de la presse, du théâtre, du cinéma...
MATOUBLES ( EDITEURS DE MUSIQUE)
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# Posté le samedi 08 juillet 2006 15:34

Modifié le dimanche 09 juillet 2006 08:15

MATOUB (A MES DETRACTEURS )

MATOUB (A MES DETRACTEURS )
Je n'en ai rien à foutre. J'ai toujours refusé de me laisser influencer par tout ce que l'on a pu dire autour de moi. Je ne vais pas gommer les ratures de mon caractère, ni « jouer » à ce que je ne suis pas. Sache-le : plaire à tout le monde, c'est n'être personne.

Je n'aime pas les faux jetons, les faux culs, les gens prétentieux, les hypocrites et les opportunistes de tous bords qui font de grands gestes, qui ânonnent des phrases creuses (...). Tous ceux qui se prennent pour le nombril du monde parce qu'ils se croient indispensables et qui ne sont en vérité que des outres pleines de vent.

A ceux qui nous diffament, il ne faut même pas faire l'aumône de les nommer. Un jour, ceux qui me dénigrent pour le plaisir de dénigrer m'accepteront pour les mêmes raisons qui font qu'ils me rejettent aujourd'hui (...). Pour qu'ils me comprennent, il faut qu'ils apprennent à penser et à agir autrement qu'ils ont l'habitude de le faire.
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# Posté le samedi 08 juillet 2006 15:32

Modifié le dimanche 09 juillet 2006 08:17

le sympole des amazighs

le sympole des amazighs
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# Posté le samedi 08 juillet 2006 15:21

MATOUB(MES AMOURS )

MATOUB(MES AMOURS )
J'ai toujours été fasciné par ceux qui sont hors de la norme, hors du pouvoir, hors de l'Histoire, hors de la loi.(...)

J'aime les « Mal-aimés », les « Amours interdites », les « Amours impossibles », les damnées de la terre, les maudits, les irréguliers, les fous, les excentriques...Bref, ceux qui n'ont plus rien à perdre. (...)

Mes poèmes et chansons sont des plaidoyers en faveur des sans-logis, des sans feu et des sans pain, victimes des iniquités sociales et des lois faites pour les nouveaux riches et les magouilleurs, les profiteurs et les opportunistes.(...)

Tout créateur digne de ce nom est un justicier sans peur et sans reproches, un vengeur des innocents et des pauvres, un redresseur de torts et un défenseur de la veuve et de l'orphelin.

Mon œuvre donnera tout aux pauvres et ne prêtera rien aux riches.(...)

Je suis un poète de la contestation et de la révolte, un barde itinérant, et ma quête, si nécessaire soit-elle, ne débouche sur nul bonheur et sur nulle certitude. Je suis bien plus fait pour le cri que pour l'écrit.(...)Les « travaux forcés » de la création exigent une disponibilité continue (...).

La biographie n'a que peu d'intérêt, que peu d'importance pour moi. Ce que je chante seul importe, par l'apparence de ma sincérité ou de mon comportement. Je ne suis pas une finalité. Je crois que mes chansons sont beaucoup plus intéressantes que moi.

Je crains que les gens ne me prêtent plus que je ne suis, qu'ils se fassent de moi une idée fausse. Ce qui compte, c'est l'œuvre elle-même, le travail de l'artiste, l'écriture, la composition, la scène, ses engagements aussi. (...)
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# Posté le samedi 08 juillet 2006 15:19

Modifié le dimanche 09 juillet 2006 08:35